22.03.2007

Le mois de tous les dangers !

Voilà que nous entrons dans les 31 derniers jours avant le premier tour de la Présidentielle. Le mois de tous les dangers pour tous les candidats, le mois où les audaces font sauter la banque et les faux pas se paient cash. Après quelques passages sur les blogs de mes très chers Paul et Florentin, qui ostracisent l'UDF au lieu de taper sur l'UMP, je commence à m'inquiéter de la tournure que prend cette élection. Après tout, attaquer François Bayrou sur son manque de programme et Sarkozy sur des actions ponctuelles qu'il a mené au ministère de l'Intérieur, reste faire preuve de facilité : je pourrais fort bien piquer Ségolène sur les photos de Paris Match ou de l'exposition médiatique de ses enfants, c'est du même acabit, mais il se trouve qu'il y a mieux, un programme nullissime qui plongera la France dans la bouse pour plusieurs décennies. Vous voulez du vrai débat politique ? Eh bien comportez vous en débatteurs, lisez les programmes et critiquez point par point les principales propositions de vos opposants !

Passé ce moment de petite pointe hebdomadaire, et sans vouloir faire de pronostics, je crains que la situation soit mauvaise pour François Bayrou. A tous les coups voilà une mauvaise passe, qui consacre l'essoufflement de l'opinion et sa perméabilité aux attaques répétées des autres candidats, fondées sur si peu que des insultes (à gauche) et des soutiens sortis du placard (à droite, avec tout l'immense respect que je dois à la dame en question et à ses 10 ans de silence politique). Le spectre Chevènement n'est pas loin, au temps ou passer de 14% à 3% en moins d'un mois n'était pas extraordinaire, et où le MRC s'écroulait subitement. En réalité, c'est même une mauvaise passe pour la démocratie toute entière. Pourquoi ? En réalité, Bayrou a drainé parmi ses intentions de vote des contestataires anti-système qui voient en lui une façon soft de remodeler une République à bout de souffle. Vous l'aurez remarqué, les extrêmes sont, c'est le cas de le dire, "extrêmement" bas dans les sondages, alors même que la société est dans une situation bien plus angoissée qu'en 2002.

Rappelons nous : en 2002, l'extrême droite faisait aux alentours de 20% et l'extrême gauche 11%, un tiers des votes avaient versé dans l'antisystème. Aujourd'hui, le ratio est de 15% pour l'extrême droite et la droite nationaliste contre 12% à l'extrême gauche. En effet, vous l'aurez remarqué, la baisse de Bayrou (17%, -4 points) profite surtout à trois candidats, Buffet (4%, +1 point), Besancenot (4%, +1 point) et Bové (2%, +1 point), ainsi qu'à... l'abstention (15%, +5 points). Considérant que les intentions de vote aux extrêmes sont toujours plus basses que celles réellement exprimées dans les votes, le score de l'extrême droite pourrait, dans la mesure où Le Pen ferait une bonne fin de campagne, s'établir aux alentours de 17 à 20% (prime aux exclus, la population que je prend pour référence est celle de Saint Dizier) et l'extrême gauche dont les candidatures se sont stabilisées fera dorénavant PLUS que 11% malgré une présence éclatée.

Bayrou est-il l'arbre qui "artificiellement" cache la forêt ? Ou bien est-il le seul salut de la démocratie du plus grand nombre, qui s'adresse aux plus pauvres et aux rejetés ? Ne me dites pas que Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy occupent déjà ce terrain, si ils y étaient si performants, l'extrême gauche serait à 5%, l'extrême droite à 5% et un boulevard se serait ouvert pour le centrisme. Les sondages ne veulent rien dire dans leur approche du classement des candidats, mais ils posent des questions auxquelles il est intéressant de répondre, pour mieux comprendre la France. Je reste sur mes positions, cette baisse ne signifie pas grand chose en elle même, mais si cette tendance venait à s'amplifier et se confirmer, le système pourrait bien connaitre un atterrissage difficile. Il en va des sondages comme des contes et légendes, ils émerveillent ceux qui les lisent, mais il y a toujours une part de vrai dans la morale de l'Histoire.

J-31... Une chose à dire : MOBILISATION GENERALE !

20:25 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, Bayrou, Sarkozy, Le Pen, Royal, Besancenot, Buffet

14.03.2007

Marre, marre, MARRE

Voilà venu le temps du bilan pour Chirac, qui ma foi n'est pas forcément très bon, mais qui a néanmoins la qualité d'être nuancé... Cependant, lorsque je vois que notre ami l'Affranchi remet sur la table les affaires de Chirac comme quoi le Président une fois son mandat terminé devra passer devant la justice pour éclaircir les affaires de corruption auxquelles il a été mêlé, je vois rouge. D'ailleurs je trouve que je vois très souvent rouge à cause de lui en ce moment. Suivant son article sur Chirac, j'avais été tenté de mettre un commentaire, mais le commentaire en question ayant rapidement dépassé la taille réglementaire, il m'a fallu me rabattre sur une présentation en bonne et due forme.

Mon argumentaire tient en plusieurs points. Tout d'abord, pour info, les poursuites contre Jacques Chirac se limitent désormais potentiellement aux frais de bouche de la Mairie de Paris, et de peur de faire tomber 90% de l'establishment national, la justice n'ira qu'avec des pincettes... En ce qui concerne la Mairie de Paris, il y a eu ce que l'on appelle une décision de JUSTICE, et ce n'est pas pour rien que Juppé est allé faire des bonhommes de neige à Québec, de même pour la cassette Méry, les Frégates de Taiwan (qui concernent les socialistes !), les HLM d'Ile de France (merci Jean-Paul Huchon !), etc. Quant au bilan de Chirac, on pourrait par exemple le comparer avec celui de Mitterrand non ? 2 millions de chomeurs en plus (extraordinairement, le chomage a cessé d'augmenter de 1986 à 1988 et de 1993 à 1995, je me demande bien pourquoi), dix points de TVA et la CSG (qui sont, C'EST BIEN CONNU, les deux impots les plus justes du système fiscal français), un porte avions nucléaire qui me marche pas, des avions qui coutent trop cher (parce qu'il ne faut pas oublier que la construction du De Gaulle (originalement le Richelieu) et du Rafale ont été décidés par des gouvernements de gauche, et si aujourd'hui on doit acheter un nouveau porte avions, c'est tout simplement parce que le premier, estampillé Mitterrand doit rester au port six mois de l'année pour entretien ! De même pour le lancement de la première guerre en Irak, où Mitterrand a gardé les yeux fermés sur le plus grand scandale diplomatique des CINQUANTE dernières années, les sanctions économiques sur le régime de Saddam. Celles ci n'ont rien à envier au niveau transnational à ce que Mengele faisait aux Tsiganes et aux Juifs dans les camps de concentration (en clair on a essayé toutes les sanctions possibles, entre 1990 et 1992, gouvernements socialistes, la prériode de test se terminant par la mise en place des No-Fly Zones par l'administration Clinton, pour voir qu'est ce qui marchait le mieux, sans se préoccuper des 500 000 enfants morts et d'un pays qui a vu son PIB par habitant passer de 2500$ et quelques à 1800$ selon une estimation américaine, donc pas forcément super réaliste)... Savez-vous que l'on enseigne dans les universités américaines, citation du FIGARO à l'appui, que Mitterrand a déclaré à un sommet international, qu'un génocide au Rwanda "n'était pas quelque chose d'important dans ce genre de pays" ?

Et je passe un système éducatif auquel on donne la tache de mener tout le monde au bac puis aux études supérieures sans augmenter les fonds disponibles en proportion, une politique de laïcité mi-figue mi-raisin, des mensonges sur la santé du président (Clinton a failli tomber pour moins que ça), des écoutes de barbouzes sur des personnalités pour protéger le "secret" de la Fille du Président, etc. A ceux qui disent qu'il était un homme et qu'il avait ses faiblesses, je demande pourquoi ils refusent les frais de bouche de la Mairie de Paris, qui ont couté moins cher au contribuable, action judiciaire comprise, et ont fait moins de vague. Elles devraient ainsi être prises en compte alors que Mitterrand n'a jamais été jugé pour ses histoires ! Bref chaude ambiance et people pour entourer une sortie misérable d'un homme qui se prenait pour Dieu. Je dois vous avouer qu'à la maison on fait toujours référence à Mitterrand en disant "le Sphinx" (pour le port de tête glacial) ou "le Pharaon" (pour la Pyramide): en voilà bien un que j'observe avec 12 ans de recul avec un GRAND soulagement.

Quant à Chirac, eh bien... disons que le chomage n'a pas augmenté, mais n'a pas baissé, que la France n'a pas baissé mais n'a pas monté dans la hiérarchie des nations (oui la Chine nous est passée devant, mais que voulez vous qu'on y fasse ?), la France a toujours les mêmes problèmes. Vous vouliez solutionner le problème des retraites ? il fallait suivre Juppé ! Vous vouliez simplifier l'embauche en France ? il fallait militer pour un CPE aménagé, et non pas faire durer indéfiniment la grève, comme à Grenoble par exemple, au nom de la lutte 1. contre le CPE, puis 2. contre le gouvernement, puis 3. contre l'EGLISE CATHOLIQUE ! On se demande si l'on marche sur la tête où si c'est le sol qui a changé de sens ! Les Français ont pêché par excès de confort, excès de conservatisme, et à ne pas vouloir s'écorner le petit doigt, la société française va avoir le bras emporté par toutes ces conneries. Certes la fracture sociale s'est accentuée, mais qui a ordonné la rénovation des prisons ? qui a ordonné et fait voter la construction de 500 000 logements sociaux en 1996, procédure annulée par un gouvernement... socialiste ! Qui a eu à faire face à la globalisation en préservant un tant soit peu le système mis en place pendant des décennies ? Qui a fait passer le nombre de morts sur les routes de 8000 à 5000 par an en cinq ans ? Le premier qui me dit que c'est du détail, je lui rappelle qu'il aurait pu en faire partie, des 3000 supplémentaires ! Enfin, qui a évité à l'armée française d'aller se mouiller dans la m**** iraquienne (qui a couté à l'Amérique quelques 1600 milliards de dollars) ? Bref, pour toutes ces question, je n'ai pas besoin de vous faire un dessin, vous lisez à travers mon texte... Certes ça ne va pas bien, mais il y a des limites à l'ignominie. Même Moscovici le dit.

Alors quand on me dit que Ségolène Royal est le pur produit du mitterrandisme, eh bien autant dire accrochons nous ! Je vous ai déjà confessé que Sarkozy n'est pas ma tasse de thé, trop libéral, trop atlantiste, malgré ces dernières déclarations de bon petit franchouillard, mais les socialistes au pouvoir, c'est Martine, Bécassine et les Pieds Nickelés dans une alliance de démolisseurs BTP ! Sus à la France et regardons ce qui reste ! Après tout, 2000 milliards de dettes, un compteur qui tourne (merci France 2), et Ségolène qui promet à tout le monde avec la CERTITUDE de ne rien tenir ! En voilà une belle idée ! Allez pour vous ma bonne petite vieille, voilà 50€ par mois, c'est chouette hein ? comme ça au lieu de vivre dans un logement crasseux et de ne pas manger à votre faim, l'Etat vous paye une nuit d'hotel, petit déjeuner compris ! Mais attention, par mois, hein ? parce que sinon on va croire que la Poouuuuulitique c'est l'art de vendre à tout le monde ce que l'on n'est sur de ne pas avoir ! Et surtout n'oubliez pas, mon Equiiiiiiipe, c'est vooouuuuus (Coluche est mort depuis longtemps, c'est pas la peine d'attendre qu'il se rallie à Ségolène ! Je me demande d'ailleurs ce qu'il aurait dit, Coluche, en voyant le PS aujourd'hui...). Quant au SMIC, ou comment faire de tous les Français des ronchouillards, c'est pratique après tout, plus on augmente le SMIC, plus il y a de gens qui touchent le SMIC (échelle des salaires écrasée oblige), plus à chaque fois qu'on augmente il y a de gens contents ! Jusqu'au jour où il y à 6 millions de chômeurs en France parce que l'industrie ne peut plus employer faute de coûts (et les seuls à blamer ici, ce sont les clients ! vous mes chers Socialistes ! Ceux qui portent des vêtements de marque et ont des ordis à la mode !), parce que les services sont trop chers, parce que plus personne n'investit en France (je vais vous confier un secret, le bon vin, le climat et le réseau routier ne font pas tout ! eh oui !) et parce que l'Europe toute entière se réjouira des fortunes françaises ayant fui ! Que de bonnes augures, Madame Royal !

Une dernière pour la route, histoire d'enfoncer le clou : vous croyez sérieusement à la cohésion de l'équipe socialiste ? C'est pire que l'équipe Bayrou ce truc ! Encore Bayrou promet un gouvernement d'union nationale, mais pour les avoir rencontrés, il s'est doté d'une équipe B centriste qui est soudée autour de lui et pleine de compétences ! Ici tous les ténors sont là, c'est vrai que c'est beau sur le site du Monde, page "Soutiens de Ségolène Royal", avec tous les titres (à part Président de la République et Président du Sénat, ils y sont tous, de conseiller municipal à Premier Ministre en passant par Président de l'Assemblée !), mais ils ont tous craché sur elle un jour ou un autre et font des ronds de jambe sur le devant de la scène ! Ceci s'adresse aussi à MAM, Raffarin et Juppé d'ailleurs... Comment voulez vous que Ségolène gagne alors que l'un de ses principaux supporters s'est écrié "mais qui va garder les gosses ?" en public !

En clair, Français, Françaises, mes chers compatriotes, comme le disait très bien Chirac, apprêtez vous au pire. Surtout Martin Bouygues : la concurrence pointe...

13:35 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chirac, politique, Jospin, Mitterrand, Royal, Bayrou, Fabius

09.03.2007

Sondages, encore et toujours...

Vous aurez remarqué que, conformément à ce que j'ai pu précédemment annoncer, je ne commente pas les nouveaux sondages, tout simplement parce que cela ne veut rien dire et n'engage que ceux qui croient en eux. Il n'en reste pas moins que j'en suis à la fois extrêmement satisfait et fortement sceptique. Bayrou à 24%, je dois me frotter les yeux pour y croire, un taux apporté par un sondage "institutionnel" mené par un institut reconnu comme CSA, sans doute est-ce trop beau pour y croire. Vraiment trop beau. Ce n'est pas une panne dans mon engagement, juste comme un emballement de machine qui me fait craindre le pire. Objectif deuxième tour derrière Sarkozy et victoire, peut être, mais viser la première place au premier tour devant tout le monde, je n'ose le rêver et comme beaucoup, je reste circonspect. Rendez vous dans un mois !

05:10 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : UDF, Bayrou, politique, Présidentielles 2007

03.03.2007

La France des intellectuels

Une vision d'horreur. Un événement considérable dans ma petite tête bien vide.

Je viens de voir la couverture de l'Express invitant à la lecture d'un article sur le virage à droite de certains intellectuels français, précédemment attachés à la pensée disons "socialisante et démocrate-sociale". Au milieu du groupe, avec un regard extraordinaire, digne d'une affiche de la Guerre des Etoiles, Bernard-Henri Lévy, comme une couronne à l'intellectualisme français. Et là mon sang ne fit qu'un tour : "BHL, qu'as tu fait de ton baptème ?", "BHL, pourquoi es-tu BHL ? Retrouve ton père et supporte ton nom, etc." Mes doigts fébriles s'activent sur le journal, je veux trouver BHL parmi eux. Pas de trace. Tout sur Gallo et autres Glucksman, mais point de BHL. Et puis vint la délivrance. BHL est toujours de gauche, et l'honneur est sauf...

19:05 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, UMP, PS, BHL, Express

20.02.2007

Aux Armes citoyens !

Le Monde depuis ma lointaine province m'informe que Bayrou remonte dans les sondages, que Sarkozy est au top et Ségolène en baisse, et qu'au second tour Bayrou l'emporterai quoi qu'il arrive.

Quelques petits commentaires : Tout d'abord, vues les idées que professe Bayrou et l'ascendant qu'il a pris dans les sondages et les médias, ceci n'est pas curieux. Je m'inquiète plus pour la suite, au cas où cette situation se révélait vraie, car rien de pire comme situation pour composer une équipe (DSK viendra jouer les seconds couteaux, Ségo et François se sépareront car Ségolène d'Arc bouffie d'orgueil refusera de voir qu'elle est la seule responsable de la crise, Douste Blazy passera sous la table pour revenir à l'UDF et l'UMP craquera sous les forces centrifuges et centripètes). Ensuite, il faut rester méfiant avec cette progression, je reste hanté par la chute de Chevènement en 2002, tout dépendra de ce que Le Pen pourra faire pour combler son manque de signatures.

Enfin, je dois le dire, je commence à en avoir ras-le-bol de cette campagne. Encore si j'étais sur le terrain on irait faire du tractage et de l'affichage dans les rues de Bordeaux, ce serait sympa. Mais là... Non seulement je suis à 9000 km mais je n'ai plus aucun contact avec ma section, ce qui ne servirait à rien puisque je ne peux pas les aider. J'en arrive au point que la campagne ne se déroule pas assez vite, de toute façon la vraie campagne n'a toujours pas commencé, et tout est encore possible. Je regarde les émissions politiques, je lis les sondages, je lis les journaux, mais que voulez vous que cela nous apporte ? Tout est encore possible ! Imaginez que demain Sarkozy dise une bêtise, que Bayrou se casse le pied ou que Ségolène soit écrasée par une météorite, tout sera remis en cause. Alors non, d'habitude je ne commente pas les sondages, sauf quand ils progressent de façon spectaculaire.

Juste une chose intéressante pour tous, et qui justifie pleinement mon silence : si l'absention est en forte baisse, autour de 5%, elle profite surtout à Bayrou et Le Pen. Mais n'oublions pas qu'il y a 12 candidats sondés, dont certains ne sont pas surs d'avoir leurs signatures (je passe le cas Le Pen qui les aura sans doute mais qui fait battre la campagne pour montrer qu'on le persécute). Tout est encore possible, même Le Pen au deuxième tour, sans y croire trop, Bayrou qui s'effondre et Sarkozy touché par un scandale. La présidentielle est trop compliquée pour passer son temps à faire le jeu des sondeurs et journalistes à commenter leur boulot. Ils ont interrogé 1000 personnes environ, histoire d'avoir des ,98 après les chiffres, ils disent être représentatifs mais n'oubliez pas que l'on parle d'une élection présidentielle, que chaque vote ou presque compte et qu'un demi pourcent de leurs sondages peut se transformer sur le terrain en centaines de milliers de voix, par anomalies locales, par vagues de dernier moment, par des considérations extra-politiques. Vous voulez que je vous raconte une histoire ? Lors des régionales de 2004, j'avais deux bulletins dans la main (à l'époque, la Région Ile de France, puisque j'habitais dans les Hauts de Seine). J'étais déjà membre de l'UDF, je suivais de près les réalisations de Santini à la ville, et j'en étais fier et heureux. Pourtant, une fois dans l'isoloir, ce n'est pas UDF que j'ai mis dans l'enveloppe, mais UMP. Comment ai-je osé trahir mon camp ? Parce que je ne connaissais Copé ni d'Eve ni d'Adam, et que je savais que si l'UDF gagnait, Santini démissionerait de la ville pour aller à la Région. Ce que je ne voulais nullement. Après avoir défendu Santini, je lui ai tiré dans le dos.

Imaginons maintenant que lors de la Présidentielle, on annonce que Sarkozy prenne untel et untel pour son gouvernement en cas de victoire. Par exemple, vous aimez bien Sarkozy (je dois avouer que ces discours me font toujours autant effet, mais je ne vote pas avec ma tête mais mon coeur !) mais pas Brice Hortefeux (ce qui est CLAIREMENT MON CAS). Alors vous annoncez partout que vous voulez voter Sarkozy, et trois jours avant l'élection vous apprenez qu'Hortefeux sera ministre. Eh bien personnellement je ne donnerai pas mon vote pour voir une équipe de prétentieux à la tête de l'Etat. Alors je donnerai (et vous donnerez) votre voix à Bayrou, après tout kifkif comme disait mon grand père, l'UDF reste centre droit. Imaginons que 400 000 ou 500 000 personnes fassent pareil en France, et donnent leurs voix à Le Pen, Villiers ou Bayrou, en marge de l'UMP. Eh bien vous faites potentiellement perdre l'élection à l'UMP, pour une raison et dans un délai que les sondeurs n'avaient pas prévu. Les calculs de dernière minute, les dernières influences, les derniers discours, les combats d'hommes et d'équipes peuvent au dernier moment tout détruire. Ce sont des tendances, merci et bravo de nous les apporter, mais elles ne veulent tout simplement rien dire. C'est un peu tiré par les cheveux comme explication, d'accord, mais n'oubliez pas ceci : l'Election présidentielle tient à la fois du Grand Steeplechase de Paris et d'une partie d'échecs entre Kasparov et le dernier rejeton de la famille IBM Deep Blue, qui se jouera à la photo finish, un truc énorme, le combat d'une vie pour certains (Ségolène rejetée serait effacée de la carte politique).

Enfin, croyez vous sincèrement qu'un sondage qui donne l'abstention le 02.02.07 à 11% et le 07.02.07 à 3% puisse vraiment être crédible ? Ca montre surtout que la population est mouvante et que les choix évoluent tous les jours en fonction de paramètres incontrôlables (quelle serait selon vous l'effet de la publication d'un papier sur une rumeur de vie dissolue des fils Sarkozy ? Et si la presse n'avait pas annoncé que le cadet de Villiers avait porté plainte contre son frère ainé pour attouchements sexuels et viol ? Et si Mégret lachait Le Pen ? Et si le canard enchainé faisait sa une avec un rapport sur les propriétés de Sarkozy ? et si des bruits circulaient sur Bayrou? and so on).

Donc pour répondre à Emma, non, je ne saute pas de joie et je ne commente pas en long et en large ce que l'UDF fera une fois que Bayrou sera président parce que l'on n'y est pas encore ! Ca me fait plaisir bien sur, mais ce n'est pas non plus une raison de sabrer le champagne...

13:10 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Bayrou, sondage, Deuxième tour de la présidentielle, politique, présidentielles 2007, UDF

07.02.2007

La "Société Civile" au pouvoir

Faisons la courte, ou presque. J'entendais parler ces jours ci de l'absence de la "société civile" dans la politique nationale, trustée par les têtes d'ampoule issus de Sciences Po et de l'ENA. Petite Rectification. Parmi les politiciens d'aujourd'hui, qui a fait l'ENA et qui ne l'a pas fait : Sarko et Bayrou sont issus de l'université ("la société civile") ainsi que Le Pen et tous les extrémistes (cela va sans dire, sauf Philippe de Villiers). De même pour Fillon (qui n'est pas un pur Sciences Po, son diplome est une équivalence issue de l'Université René Descartes), Raffarin (ESCP), Alliot Marie (docteur en droit et Sciences Po via l'Université), Douste-Blazy (chirurgien), Borloo (licencié tenez vous bien en philosophie, droit, histoire et Sciences Eco), Thierry Breton (Supélec), Gilles de Robien (licence de droit, spécialisé dans les assurances),  Xavier Bertrand (lui aussi en droit, lui aussi dans les assurances) Hervé Morin (UDF, apparemment aux dernière nouvelles né dans la politique locale, tout comme Valérie Létard, Geneviève Gouraud et tant d'autres)... En fait les seuls à avoir fait l'ENA à des postes majeurs aujourd'hui sont Ségolène Royal et son culbuto-bilboquet de compagnon, notre cher et flamboyant Premier Ministre, Jacques Chirac, Dominique Perben, et quelques ministres techniciens de seconde zone (Bussereau, RDDV, Copé, Dupont-Aignan) mais aussi Jospin, Huchon, Guigou, Védrine, Aubry, Moscovici, etc.

Alors pour la société civile on est servi. Je me permet d'ajouter qu'il ne faut pas non plus oublier qu'il faut avoir les compétences pour être ministre, ce n'est pas un boulot facile (enfin d'accord ça dépend des postes): l'emploi du temps d'un ministre c'est souvent 06h-00h, six jours par semaine, pour un maximum de 11 000€ par mois (un ministre qui retourne dans le privé par ses compétences et ses diplomes est du même niveau qu'Henri de Castries (Axa) ou Walter Butler (Butler Investments) qui gagnent plutot 11 000€ par JOUR). Un ministre doit être formé (et les partis politiques, notamment le PS et l'UMP qui apprennent à donner des coups et à en rendre), il faut avoir à la fois un début de connaissances sur le sujet et une capacité d'analyse très développée (mettez un ouvrier juste sorti de son usine ministre de l'Industrie, il aura mis le ministère à feu et à sang avant deux semaines) et enfin il faut connaitre les ficelles pour dégager son bout de gras et faire avancer ses projets (si François Baroin utilisait sa proximité avec Chirac pour faire avancer plus vite des dossiers sensibles sur l'Outre-Mer, tout le monde crierait "houuu la méchante collusion", et pourtant ça améliore le quotidien des ultramarins)...

Bref, la politique est une question de relations, mais certainement pas entre Sciencespistes et Enarques en mal de pouvoir...

11:25 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, société civile, ENA, Sciences Po

06.02.2007

Désirs d'Avenir, dernière ligne droite !

ou Comment faire dire n'importe quoi à n'importe qui sur n'importe quel sujet n'importe où.

 Je viens de jeter un coup d'oeil sur le site "désir d'Avenir", où Ségolène Royal est censée aller à la pêche aux idées en vue de la présentation de son programme le 11 février prochain. Laissez moi rire. On apprend ainsi au détour de la page "la France dans le monde" que "Pour avoir du poids, la France doit avoir être forte économiquement" (plume69), une France riche avec des entreprises performantes, gagnerait donc à être entendue sur la scène internationale. Tout le monde est d'accord. Quelques lignes plus loin, un autre internaute souligne qu'il est difficile de donner un siège au conseil de sécurité de l'ONU au Japon et l'Allemagne, parce que "la puissance économique n’est pas encore reconnue comme un critère valide en matière d’autorité morale". En clair il ne suffit pas d'être économiquement fort pour avoir un poids en diplomatie mondiale. Encore une fois, tout le monde est d'accord.

Je me permets d'émettre ma propre vision du sujet : aujourd'hui, la politique mondiale est décidée par les États-Unis qui font ce qu'ils veulent dans n'importe quelle zone du monde avec n'importe qui. Ils sont restés dans un schéma de force brute type guerre froide, et pour compter sur la scène internationale, il faut une bombe atomique, deux porte-avions, et des hommes à envoyer sur des théâtres extérieurs. 

Aujourd'hui, lorsque l'on prend les 10 premières puissances économiques mondiales, les États-Unis ont un rôle diplomatique fort, le Japon et l'Allemagne sont inexistants, la France se débrouille pour exister et l'Italie essaie de suivre. Il faut être une superpuissance économique, telle que la Chine, pour pouvoir faire plier sur certains sujets. Et la France, n'a techniquement pas les moyens ni la capacité de jouer la politique de la Chine. L'Europe, unifiée et dotée d'une armée européenne pourrait à la limite faire barrage. Bref, bien sûr que de nouvelles alliances françaises à Cotonou ou à New Delhi seraient importantes, mais ce n'est pas ainsi que la France gagnera à être entendue. Maintenir le budget de la défense, tenir les engagements extérieurs de coopération de défense, être capable de projeter plus de 20 000 hommes sur un seul terrain (la Grande-Bretagne a déployé 22 000 soldats opérationnels partout dans le Monde en 2006, et jusqu'à 42 000 en comptant les non-opérationnels en pays étrangers, la France seulement 12 000), c'est ainsi que la France pourra se faire entendre.

Deuxième point qui m'a fait particulièrement sourire : Les hommes politiques doivent maîtriser plusieurs langues. C’est aussi un signe d’ouverture au monde pour fabrice_r. Eh bien en tout cas, Ségolène Royal a du souci se faire, parce que sa prononciation de l'anglais tient plus du chabichou que de Cambridge ou Harvard.

Ceci ne représente que le thème de la " France dans le monde". Je vous passe les volets économiques, avec comme projet augmentons le SMIC et permettons pas de plus en plus de travailleurs de gagner plus que le SMIC : cette politique est complètement folle, tout simplement parce qu'elle ne met pas en jeu les ressources de l'État et est donc gratuite pour le politique qui la soutient. C'est comme si votre maire, critiqué parce que les camions de poubelle font trop de bruit la nuit dans votre rue, déclare pour sa réélection qu'il va faire acheter des camions électriques pour la collecte des ordures ménagères. C'est pratique, il ne paie pas, il a juste à taper du poing sur la table et c'est à l'entreprise chargée de la collecte des ordures qui se serre la ceinture. Bref que de bonnes nouvelles pour la France en 2007 ! Si Ségolène Royal est élue, au moins, il ne sera pas difficile, devant de telles ambiguités, indécisions et contrepropositions croisées, de connaitre l'identité de son successeur. Un certain Nicolas, et encore seulement si Jean-Marie se retire de la vie politique, peut être...

Bienvenue en Enfer !

12:40 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, politique, Désirs d'Avenir, PS, blog, démocratie participative

28.01.2007

Ségo, Dahan, la Corse et le Québec

Lorsque Gérald Dahan piège une personnalité, c'est toujours gratîné. Avec Ségolène Royal, ça tourne à l'hystérie. Comme par exemple lorsque ce cher Jean Charest, Premier ministre du Québec, appelle Ségolène Royal pour se plaindre de ses commentaires sur le Québec libre, et qu'elle embraye sur le ton de la blague que l'indépendance de la Corse serait une bonne chose. Quelques commentaires :

  1.  L'indépendance du Québec, même si vu de France est amplement justifiée, est une mauvaise chose et une potentielle perte immense d'influence pour la communauté francophone d'Amérique du Nord. Une fois le Québec indépendant, rien ne pourrait empêcher un "nettoyage" linguistique du Canada, et toutes les minorites francophones auraient à en pâtir.
  2. L'indépendance de la Corse n'est toujours pas compréhensible de mon point de vue. Elle n'est politiquement, économiquement et socialement pas viable, la Corse est trop dépendante du continent pour son approvisionnement, l'indépendance de la Corse est soutenue par une faible le minorité de Corses, et une fois indépendante elle serait gouvernée au mieux par des rejetons de la politique parisienne, au pire par des indépendantistes folkloriques. L'autonomie pourquoi pas, si elle est positive, sinon non !
  3. Ségolène Royal n'en finit pas de dire des bêtises, et le syndrome George W. Bush s'approfondit. Après la Corse, le Québec, elle a poursuivi par la faute, il est vraie mineure de ne pas savoir combien de sous-marins nucléaires lanceurs d'engins la flotte française dispose. Pour quelqu'un qui a travaillé à l'Elysée, c'est très limite. Encore dire "quatre ou cinq" passe encore, c'est logique (pour info, si je me rappelle bien, la flotte française et la flotte anglaise en ont 4 chacunes, la flotte chinoise un vieux russe rebaptisé et modernisé, la flotte américaine 14 en ligne et la flotte russe 14, donc une petite dizaine vaguement opérationnels, car soumis à l'accord START et au manque de fonds)... C'est normal qu'un Français normalement intelligent et constitué ne sache pas, s'il ne s'intéresse pas au monde de la Défense, mais Ségolène Royal veut devenir Présidente de la République ! On lui demande de quoi dépend la sécurité nationale, pas le nombre de garages Renault qui répareront ses cinq voitures !
  4. Conséquence logique, elle baisse dans les sondages, selon les quatre instituts de sondage principaux, et laisse Sarkozy au mieux se détacher, au pire prendre le large... Je vois d'ici François Hollande la tête dans les mains lorsqu'il a entendu le commentaire de sa compagne... Une belle crise au sein du QG de campagne assurément.

Bref, la route est droite mais la pente est forte, comme disait le Premier Ministre de la France d'en bas, mais si Ségolène s'escrime a multiplier les obstacles, le sprint deviendra rapidement impossible.

 

12:50 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, Corse, Québec, Dahan, politique

21.01.2007

Les hauts et les bas de Montebourg

Crise au sein du PS, le plus grand défaut de Ségolène Royal dans la course contre Sarko vers le trône suprême serait son compagnon. Pour avoir proféré une telle infamie, Arnaud Montebourg est puni : suspendu pour un mois de ses fonctions au sein de l'équipe de campagne de la Madone. J'adore ce choix de "suspension", qui me fait vaguement penser à la suspension d'un flic genre Commissaire Moulin, après une bavure de plus et avec tous les regrets de ses supérieurs (Montebourg vous dépassez les bornes ! je vous demande de me remettre votre insigne du parti socialiste et votre arme de service, votre cher accès aux plateaux TV)...

Quant à moi, je suis partagé sur la phrase d'Arnaud Montebourg. D'un coté il a tout à fait raison de dire que François Hollande est un boulet à la candidature, encore une fois les français sont champions du monde de la situation inédite. D'abord parce que l'image de François Hollande ne colle pas trop à l'image "glamour" que Ségolène Royal essaye de renvoyer dans les médias, même s'il est très compétent, apparemment très agréable, réfléchi et bon père de famille. De plus, Ségolène Royal en ayant quatre enfants hors mariage choque les plus puritains d'entre nous. Enfin, le premier secrétaire prend un sacré risque en envoyant sa femme au feu : si elle tombe il part avec elle, et le PS se retrouvera dans une situation de guerre des chefs complètement folle. DSK, Lang et Fabius se battraient pour prendre la tête du parti, avec Guigou, Jospin, Aubry, Chevènement, Emmanuelli, Huchon (après la fin de sa condamnation) et Delanoé en embuscade. Bref que du beau monde et pas les moins coriaces. Bref ce n'est sans doute pas très drôle de partager la vie de la candidate à la présidentielle.

D'un autre coté, cette proximité entre deux personnages incontournables du PS donne à Ségolène Royal un avantage stratégique certain : pas de risque que le Premier Secrétaire lui tire dans les pattes, les conséquences en seraient trop hasardeuses pour lui ! Il a lui aussi des intérêts dans la victoire de sa compagne, et sa position, même si elle est critiquée, n'en est pas plus en danger. Et puis après tout, notre chère Madone compte parmi ses cartes bien d'autres handicaps, dont le fameux manque d'idées (et je le répète une bonne fois pour toute, un candidat qui n'est pas foutu d'avoir des idées AVANT l'élection ne risque pas d'en avoir APRES), la façon de parler à ses concitoyens façon "3 ans d'âge mental", ou encore son incapacité à faire taire les rumeurs, etc. Bref, plus d'un chien dans un jeu de quilles bien branlant...

Ainsi Montebourg n'est pas totalement dans le faux et l'imposture, mais il est vrai que la remarque n'était pas forcément très intelligente... Quant à une manoeuvre qui démontrerait que Montebourg n'est qu'un rallié de mauvaise grâce, je n'en pense rien : c'est plutot là l'expression d'un trait de sa personnalité flamboyante que l'on a eu à plusieurs reprises l'occasion d'observer !

12:55 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, Ségolène Royal, PS, Montebourg

17.01.2007

Sarkozy, Frêche, Royal-Hollande... Vive la politique !

Le petit monde politique a été marqué ces derniers jours par plusieurs événements marquants, plus ou moins honorables pour leurs auteurs, qui s'inscrivent directement dans la course à la présidentielle.

C'est tout d'abord le discours de Nicolas Sarkozy, qui commence à dater, mais qui continue à faire des vagues. J'ai pu le visionner en entier grâce au site de l'UMP et je dois dire, toutes proportions gardées et mon appartenance à l'UDF assurée, que ce fut un très grand discours. Nicolas Sarkozy avait raison de citer Jaurès, grand orateur devant l'éternel, car même si sa prestation était un peu pompeuse et manquait de sincérité, au moins le texte comme la performance ont été brillants. Ce fut un discours long, plus de 80 minutes, 1h30 d'enregistrement (excellente film de fin de soirée d'ailleurs !!), complet, jouant à la fois sur la raison et sur les sentiments. La Marseillaise finale était d'ailleurs excellente, n'en déplaise à CA : Nicolas Sarkozy a fait fort dans la candeur, dans le rêve et l'imagination, en se remémorant tous les hommes politiques qui ont guidé sa vie, les idées qu'il voulait mettre en place et l'équipe rassemblée autour de lui qu'il prépare pour l'après-élection. On en auraiit presque cru qu'il n'était plus le même ! Pourtant, ce discours fut à son image, largement percutant et entrainant. Sarkozy promet la France en ordre de marche, rassemblée et dynamique durant son mandat. Certaines idées sont très à droite, bien plus que celles de Ségolène Royal en tous cas, certaines sont plus à gauche et rassemblent tous les candidats, le programme se veut d'unité nationale et de "reprise des affaires". Pas grand chose de nouveau, à part quelques points de détail éclaircis, et 80 000 personnes pour le soutenir... Un bémol, le refus de changer la Constitution, même pas d'aménagement mineur, alors que la rigidité des institutions reste quand même une des principales difficultés du paysage politique français, me parait être une faute : sans amélioration de la légitimité du parlement, on risque de se retrouver dans une situation de 2002, où pour aller vite, le gouvernement utilisa les ordonnances et fit hurler le pays. Bref un bon programme, mais quelques difficultés et obstacles qui peuvent rapidement devenir nuisibles.

C'est ensuite l'auto-exclusion de Georges Frêche du parti socialiste, ou pour suivre la phraséologie officielle, sa mise à l'écart à durée déterminée. L'intéressé répond qu'il s'agit là d'un réglement de compte interne au PS, qu'il est victime d'une machination, et que l'on veut sa tête. Une seule chose à dire : quand on est membre du conseil national d'un parti, on se doit triplement d'être précautionneux lorsque l'on parle. D'abord parce que l'on représente un organisme politique et ses adhérents, ensuite parce que l'on est souvent élu de la Nation, et que ce n'est pas le langage d'un représentant que de critiquer le nombre de Noirs dans l'équipe de France de football, enfin parce que l'on occupe une place enviée, d'où de nombreuses personnes veulent vous dégommer. Le monde politique, même pour les très puissants, est cruel, il ne faut pas s'étonner detomber pour des bourdes aussi énormes. Enfin, même si elle n'a pas la même tonalité internationale que celle de Pascal Sevran, cette déclaration a eu des remous dans l'opinion qu'un grand parti ne peut pas ignorer. Echec et mat.

C'est enfin Ségolène Royal, et l'"affaire" de son patrimoine. Ségolène Royal et François Hollande auraient constitué une SCI pour se protéger de l'ISF et ainsi échapper à une coûteuse imposition ! La SCI a même été soupçonnée de posséder un hotel particulier dans le VIIème Arrondissement de Paris... Bref, de la grande folie. Ségolène Royal a été obligée de publier sa déclaration d'impots sur le revenu, et a démontré qu'elle ne possédait pas d'hotel particulier dans le VIIème Arrondissement, et qu'elle roulait en Renault Scénic (en plus de son Renault Espace, de sa Vel Satis, de sa Laguna, de la Région, plus la voiture de fonction de François Hollande en tant que Premier Secrétaire du PS). Personnellement je n'ai pas donné de crédit à cette information, après tout, je la vois mal tricher avec les impots, surtout que ni elle ni lui ne disposent de patrimoine familial. Petite remarque blessante, son état-major espère instamment que Nicolas Sarkozy fera lui aussi part de l'étendue de son patrimoine. Comme si cette tradition des élections présidentielles allait être oubliée par tous les observateurs et que les état-majors allaient faire l'impasse sur cela... Mais grâce à cela on sait maintenant que Ségolène Royal roule exclusivement dans des productions françaises !

Bref, la politique française avance...

10:50 Publié dans Politique attitude | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, Georges Frêche, ISF, discours

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