25.05.2007

Les parts du gâteau

Nicolas Sarkozy a détruit le chiraquisme, attaqué l'UDF à la hache, et se tourne maintenant vers le PS, avant de le démolir complètement. Comment agir ? Simplement en jouant sur les égaux des uns et des autres jusqu'à déconstruire patiemment les têtes d'affiche, de les absorber, les neutraliser. Plus de leaders ennemis, plus d'ennemis : le PS commence à partir en poussière. Premiers touchés, les nouveaux membres du gouvernement ex-socialistes achetés par des postes, des titres et des pseudo-marches de manoeuvre. C'est Bernard Kouchner, le plus populaire des socialistes, qui claque la porte. Ce sont Jean-Pierre Jouyet, Claude Allègre et Hubert Védrine, les seconds couteaux désormais grillés au sein du Conseil national du PS. Et puis demain, ce sera notre cher maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui pourrait jouer un rôle de premier plan dans les nouvelles politiques : "Il ne peut y avoir pour Paris et pour la France qu'un seul et même destin" déclara Nicolas Sarkozy, alors que Bertrand Delanoë précisa "Par-delà nos différences, les idéaux républicains sont le ciment de ce pacte démocratique qui constitue le plus précieux des legs". Façon heureuse de dire que les deux travailleront en bonne intelligence, que Bertrand Delanoë obtiendra enfin ce que les gouvernements précédents lui ont refusé : un rôle d'importance. Encore une gloire du PS neutralisée, encore une tête qui se courbe devant le rouleau compresseur Sarkozy.

Comme le disait un expert étranger de la politique française qui souhaite rester anonyme, "il ne reste plus qu'à donner à Jack Lang un festival international de théâtre, à Dominique Strauss Kahn une mission sur l'économie du Monde qui serait son chef d'oeuvre, laisser Hollande et Royal s'écrouler, et le PS ne sera plus un problème pour l'UMP". En clair, dans six mois, si le résultat du PS aux élections législatives est vraiment faible, l'UMP pourra estimer avoir tué le PS, pour une génération au moins...

Une nouvelle ère politique s'approche, reste à vérifier qu'il ne s'agit pas d'un futur régime autoritaire...

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03.05.2007

Débat du 2 Mai : RI-dicule, RI-sible et I-nu-tile

Le débat du 2 mai que nous attendions tous est enfin arrivé, et le bilan est particulièrement mauvais. Non seulement aucune vision globale de la société n'a été présentée, aucune idéologie cohérente, rien que des pinaillements sur des points de programmes archi-utilisés, les comparaisons et les petites blagues déjà passées par les seconds couteaux. Ni Ségolène Royal, qui s'est carrément fait bouffer par Sarkozy en évitant toutes les questions qui fâchent, ni Nicolas Sarkozy, dont le programme mis en perspective a révélé des incohérences et des doublons majeurs, n'ont réussi à me convaincre de voter pour eux.

Premiet tome, Ségolène Royal. Sa performance a eu le bénéfice d'être cohérente et active. Elle a cependant évité toutes les questions de Nicolas Sarkozy, le taux et les coûts des nouvelles taxes, les problèmes d'EPR (qui est bien un réacteur de Génération III selon le CEA, puisque ITER est la quatrième génération), la responsabilité des ministres, la nomination des hauts fonctionnaires ou encore les questions des régimes spéciaux. Ces manquements ont d'ailleurs été l'occasion pour Nicolas Sarkozy d'appuyer là où cela fait mal. D'un autre coté, elle a été très claire sur des points tels que l'école, les énergies vertes (et encore...), les tentatives de lutte contre le chômage. L'impression est plutot meilleure que celle qu'elle avait pu me donner auparavant, mais par contre cela reste très insuffisant. La raison ? Lorsqu'on écoute Ségolène Royal, on a l'impression d'écouter la France qui ronronne, les modifications se font à la marge, le chômage avec ces méthodes ne pourra pas passer sous les 8%, les problèmes resteront tels qu'ils sont, et avec un peu de chance je pourrais trouver un emploi dans un autre Etat du Monde... si je ne suis pas interdit de sortir.

Deuxième tome, Nicolas Sarkozy. Il parle toujours aussi bien, il renvoie les balles parfaitement, du service au slice en passant par la volée. Ses idées sont claires, nettes et précises, elles ont le mérite d'être cohérentes, les exemples en Europe sont nombreux pour prouver qu'elles fonctionnent. Cependant, certaines de ses répétitions prouvent que le programme est loin d'être parfait. Exemple : Nicolas Sarkozy propose de taxer les importations pour financer les retraites françaises, et en même temps promet la taxe carbone pour assurer l'égalité avec les pays qui ne respectent pas les conditions environnementales du code français : jusqu'à où ces taxes vont-elles monter ? Quant au bouclier fiscal, l'anecdote de l'héritière qui reçoit un chèque de 7,7 millions d'euros de remboursements d'impôts, même si cela ne reste qu'une anecdote, démontre que le système compte un grand nombre de problèmes. De même, la sécurité me fait peur, parce que ce n'est pas tout d'être impitoyable, encore faut-il que l'emprisonnement se prouve comme réellement dissuasif, ce qui n'est pas le cas. Enfin, ce qui me gêne le plus, c'est le clanisme et la personnalité de Nicolas Sarkozy, car un homme si nerveux, intelligent et impulsif peut tout faire, même le pire. Bref, disons que Sarkozy a perdu de son éclat, sa politique se fissure et n'est plus aussi "appealing" qu'auparavant.

Troisième tome, L'un contre l'autre, en temps réel. Lorsque Ségolène Royal s'énerve contre Nicolas Sarkozy à propos du handicap, d'accord les actions socialistes ont été écornées, mais sortir de ses gonds de cette façon était très déplacée sur ce point... L'une en s'énervant perd le crédit, réel, de la politique socialiste menée sur ce point ; l'autre, en ripostant par l'ironie, ne fait pas progresser le discours. Une piste intéressante aurait été de trainer le pacte présidentiel sur ce dossier, afin de savoir ce qui aurait été nécessaire pourcouvrir le sujet du handicap à l'école... Dommage, le discours reste un peu au ras des paquerettes, ils s'empoignent sur la forme et ne traitent pas du fond.

Quatrième tome, l'international. Il s'agit là bien sûr d'un sujet qui me tient particulièrement à coeur. Ségolène Royal appelle à l'élargissement et à l'accélération du rattrapage économique, en rappelant la situation de l'Espagne et du Portugal : il faut seulement rappeler qu'en 1986, les deux nouveaux pays représentaient un ratio de population par rapport au reste de l'Europe autrement plus faible que celui qui existe aujourd'hui entre l'Europe de l'Est et l'Europe de l'Ouest. La Turquie bien sûr pas d'intégration, pour le coup je serai intransigeant. Le Soudan évidemment, il faut forcer les dirigeants à agir. Le regroupement familial proposé par Sarkozy d'accord aussi, c'est tellement de bon sens que je pensais que cela marchait déjà comme ça. Cependant le persiste à dire que le rapprochement avec les Etats Unis de Bush est une mauvaise idée, surtout sur la question de l'Iraq ou encore l'Iran... Le co-développement est une bonne idée, le micro-crédit aussi, ainsi que le propose Ségolène Royal. En ce qui concerne la régularisation massive, je ne suis pas pour l'instant en mesure d'avoir une idée précise : il est vrai que la situation des clandestins SUR le sol national est catastrophique, mais il est vrai qu'il faut controler les immigrations pour préserver le système social. Statu quo sur ce point. Pourtant, tout ce que j'attendais moi, c'est une vision d'ensemble sur la politique internationale, qui est totalement passé à la trappe.

En clair un débat extrêmement décevant. On pourra néanmoins garder en mémoire les points suivants :

 1. Victoire du programme indéniable à Nicolas Sarkozy, plus cohérent, plus réaliste, même si certains points font froid dans le dos.

2. Victoire de la personnalité pour... aucun des deux, l'une est mauvaise à l'argumentaire (je n'ose imaginer les conseils des ministres ou les réunions internationales) et comme l'a prouvé Sarkozy, elle s'énerve facilement. En plus, dire que les Français en ont marre du bloc contre bloc tient de l'imposture, puisqu'elle a pris ces idées à l'UDF... Pire que Sarkozy disait-elle. L'autre ferait bien de ne pas trop montrer que Ségolène s'énerve tout le temps : nous avons tous dans les mémoires la scène de France 3 Nord. De même, il est évident qu'il joue un rôle, hypocrite, plus qu'elle, peut être est-elle plus camouflée ou plus sournoise, sur ce points aucun ne gagne.

3. La sincérité, victoire pour... les deux. Je crois vraiment qu'ils incarnent bien leurs programmes et les critiques à leurs opposants. En tous cas on ne peut pas dire qu'ils se chargent d'une politique de gauche pour ensuite faire une politique de droite.

4. Victoire de la gestion du débat, pour aucun des deux, pas d'évolution, pas de vision, pas d'image. Bref, rien de grandiose.

Le candidat qui recevra mon vote (et non pas "mon" candidat, je ne me reconnaitrais jamais en lui) pour le deuxième tour sera donc (vous êtes vraiment sûrs que je ne peux pas voter Bayrou ?) Nicolas Sarkozy, hautement pas défaut et en sachant bien que cela ne sera ni une partie de plaisir, ni un moment de grande politique. Entre la France qui ronronne et la France taillée à la hache, je choisis la seconde, pour une simple raison : une fois remise en ordre, il sera possible de repartir dans l'ordre des acquis sociaux, alors que Ségolène Royal, en tentant de sauver tout ce qui est possible, ne conduise qu'à reculer l'inévitable.

Il n'en reste pas moins que je serai membre du parti Démocrate promis par François Bayrou, que je porterai les idées de mon parti et de mon leader, que nous serons là pour supporter les bonnes idées et aller au feu contre les propositions outrageantes. Cette décision ne tient pas de machisme, de préférence partisane ou de rancoeurs, juste de consumérisme, l'un parait plus à même de moins détruire ce potentiel qui est le notre. Les cinq ans, quelque soit le candidat, seront tellement difficiles... Mais comme le disait François Bayrou, "Je me présente en 2002, je fais un score à deux chiffres en 2007 et je gagne en 2012"... Et je ferai tout pour que cela arrive !

12:55 Publié dans PS, la Rose et le Glaive, UMP, la barre à droite | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, Présidentielles 2007, UDF, UMP, PS, Sarkozy, Bayrou

28.04.2007

De Sarko et de Ségo

Ceci est une réponse une bonne foi pour toutes à Paul qui me demande pour qui je vais bien pouvoir voter le 6 Mai 2007 lors du second tour de la Présidentielles. Première info, je vote par procuration, et deuxième info je ne sais pas encore. De plus lorsque Paul écrit ceci :

"Quand Nicolas Sarkozy parle de prédestination par les gènes, quand il dit que la France est le pays qui a défendu le plus les libertés et n'a jamais fait de génocide, ni inventé la solution finale, a attisé les divisions dans les banlieues, a parlé du mouton dans la baignoire, je trouve cela très dangereux et anti-républicain surtout quand il évoque son Ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale."

je réponds ceci : 

"Je suis tout à fait d'accord, mais comment traiter 31,18% des Français d'anti-républicain ? Et ne me parle pas d'envoûtement (on n'est pas tous cons quand même) ou d'action machinale (31,18%, c'est toujours plus que 19%, qui pour le coup étaient en 2002 machinaux)... Quand au parallèle avec Hitler que je te vois sortir d'ici (je suis à 6000km et je confirme que c'est très gros), je ne crois pas que la France soit en guerre civile et que Sarkozy ait mené des actions criminelles."

Enfin, ce qui concerne mon vote, je ne vais pas voter Sarko parce que c'est la mode ou Royal parce que c'est plus moral (car ça ne l'est pas) : pour tout te dire, les deux me dégoûtent tout autant, pour des raisons claires et précises. Comme il faudra bien voter un jour, et que le vote blanc dans une telle situation n'est vraiment pas crédible et responsable, je ferai bien sur un choix, et je ne le cacherai pas. Je n'ai malheureusement pas le temps d'écrire sur mon blog en ce moment, mais je promet que je ferai un article en bonne et due forme après le débat du 2 Mai !

04:25 Publié dans PS, la Rose et le Glaive, UMP, la barre à droite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, UMP, PS, Sarkozy, Royal, Présidentielles 2007

18.04.2007

Ségolène de l'autre coté de l'Atlantique !

C'est fou tout ce que l'on peut trouver dans les pages des journaux américains. Je l'avoue, dans ce cas le Monde m'a un peu aidé, mais l'essentiel est que l'article sur lequel je suis tombé est vraiment génial. Outre le fait qu'il fasse 8 pages, et passe en revue tout ce que l'élection présidentielle française compte de candidats, d'enjeux et de problèmes, on y trouve des analyses parfaites de tout ce qui se passe en France en ce moment. A peine me faut-il préciser qu'il est tiré du New Yorker et que, à l'attention très spéciale des socialistes qui accusent toujours les autres de forfaiture ce journal est libéral, à gauche de la gauche aux Etats Unis, pour vous présenter ce que la journaliste dit de Ségolène Royal. Après avoir rappelé les qualités de Ségolène, entre autres son physique, sa posture d'ingénue et son discours ultra-flou, elle s'attaque plus précisément à ce qui dérange, et particulièrement me dérange dans le programme dela candidate socialiste. Celui ci est en effet décrit comme suit :

 "Everybody gets his or her wish in Royal’s platform, and the only subject left hanging is how to pay for it all. (One page of her “hundred points” that I picked at random included: raising the monthly minimum wage to fifteen hundred euros, which means a little more than two thousand dollars; raising the lowest retirement benefits by five per cent; raising benefits for the handicapped by five per cent; doubling the annual subsidy for schoolchildren; reducing bank charges; and guaranteeing housing for life.) Campaigning, she can sound like a social democrat one day and a socialist out of the nineteen-thirties the next. Sometimes she loves immigrants, sometimes she loves the police more. Sometimes she wants to pay businesses to provide job training for the unemployable, sometimes she wants to raise their taxes.[...] The truth is that collegiality is not her style. She is running, as much as a Socialist candidate can, on her independence, and she has reason to. Her party has done little except try to sabotage her since the campaign began. Her partner, Hollande, with whom she has four children and a sort of Hillary-Bill arrangement, had wanted the nomination himself. So had Jospin. And so had the two most powerful elephants, Strauss-Kahn and Laurent Fabius, Mitterrand’s second prime minister. This was arguably their last shot at the Presidency, and they fought bitterly, and stupidly, against Royal for the nomination."

 Puis plus loin : "He never makes the kinds of gaffes that Royal made when she praised the Chinese on the speed and efficiency of their justice system, or smiled politely when a Hezbollah leader compared Israel to Nazi Germany, or told reporters that it might be a good idea for Quebec to secede from Canada." J'insisterai particulièrement sur la dernière proposition, qui tient de la pure connerie intellectuelle, puisque le Québec a largement plus à gagner à rester dans le Canada que le reste (j'ai d'ailleurs à ce sujet suivi un cycle de conférences passionnantes)...

Bon sang de bonsoir, arrêtez de taper sur Bayrou l'incompétent et le sans équipe ! Croyez vous que ce programme, que cette équipe de bras cassés même pas capables de s'allier correctement pour la bataille de la décennie, seront capables de gouverner la France ? La journaliste soutient ensuite que les plus pressant soutiens de Ségolène sont, tenez vous bien, Montebourg, Dray et Chevènement, le premier dont la flamboyance n'a d'égal que celles de Villepin, le second dont le seul argument est son passé de trotskyste (je le rappelle à ceux qui ne le savent pas, je déteste Julien Dray, il s'agirait peut être un jour que je vous raconte l'anecdote en question, ça vaut son pesant d'or) et Chevènement, monsieur le candidat des vivants, des morts et des mort-vivants, qui a causé la perte de Jospin en 2002 et qui maintenant fait son retour au sommet... Bref la fine équipe toute bien assemblée.

 

09:25 Publié dans PS, la Rose et le Glaive | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, présidentielles 2007, PS, Ségolène Royal, New Yorker, Etats Unis

03.03.2007

Les fonds baptismaux

Je me faisais la remarque ce soir que les notes commencent à s'accumuler sur mon blog, que trouver un nouveau titre original et plus ou moins signifiant était de plus en plus difficile et qu'il s'agissait pourtant de continuer à nourrir la bête. A ce propos, je prépare, mais le simple fait d'en parler fera sans doute que cette note, comme tant d'autres, restera à l'état de coque vide quelque part sur mon ordinateur, un article sur la relation blogueur-blog, un truc bizarre et ultra-conformiste, vous me connaissez, qui continuera la longue ronde des notes...

Mais là n'est pas mon sujet. Ceci pour vous prouver que l'on a vite fait de s'égarer sur la route de la conclusion, et que pire qu'une dissertation, la note qui se veut "state of the art" finit souvent en jus de boudin. En fait cette note, comme l'indique son titre, est l'annonce d'une naissance. Celle du blog de l'homme-qui-avait-dit-qu'il-ne-ferait-pas-de-blog-parce-qu'il-n'est-pas-assidu-et-persévérant, un blog apparenté PS qui se revendique du soutien de la candidate socialiste. Tout cela après avoir dûment et bien infortunément supporté le Petit Laurent (Fabius), qui se croyait innocemment, tout jeune qu'il est, de taille à lutter contre le Petit Nicolas (Sarkozy) dans notre ère politico-médiatique à haute dose. Je veux parler de http://affranchi.hautetfort.com, le blog de Florentin Letissier. Même si vous ne trouvez pas son nom en ligne, le simple fait de signer le document Word qui résume la profession de foi de notre ami me permet de le citer clairement.

Après avoir parcouru en large les jeunes pousses de ce blog, je ne peux que le féliciter. Non pas parce qu'il prend la défense de Monsieur Duhamel, suspendu pour avoir dit qu'il voterait sans doute Bayrou en Avril 2007, non pas parcequ'il reconnait qu'il existe des Bayroufans, non pas parce qu'il lit l'Express et traite des intellos qui filent à droite, certains à la soupe, d'autres à l'envi, tous pour Sarkozy. Plutot tout simplement parce qu'il écrit bien, je le lui ai déjà dit, à quoi serviraient des études L sinon à savoir bien manier les mots ? Quelques fautes de pensée bien sur, il est dur de dire que Patrick de Carolis ne mérite pas son poste parce qu'il est trop proche des Chirac et encenser Duhamel, comme le dit notre ami Hki. De même, j'irai même plus loin que Maxence en disant mon mécontentement pour les intellectuels français qui, ces dernières années ont joué de leur role de "leaders moraux" pour se laisser bercer par les ors et ne plus rien sortir de bien révolutionnaire, si ce n'est des livres d'histoire et des relations dans Gala. Mais je sais ma position très critiquable, et le manque de théories unifiées et révolutionnaires de ces philosophes se compense largement par leurs apports littéraires...

Puis vient le tour de la profession de foi. Et là, ben là je dois être méchant. TRES méchant, non seulement parce que je ne suis pas du tout d'accord avec les solutions pronées par Bécassine, mais aussi parce que la façon avec laquelle Flo défend ses idées est plus que critiquable. En fait deux belles expressions fleuries me viennent à l'esprit au sujet de Ségolène, beaucoup les connaissent, c'est "de la merde dans les yeux" et "le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate". Loin de leur point commun très visuel, elles traduisent parfaitement mon RAS LE BOL des soutiens socialistes à Ségolène Royal. Tout d'abord parce que les mesures financières, 5% en plus aux petites retraites (soit même pas 50€, juste de quoi faire les courses pour une semaine, alors louer un appartement décent...) et un SMIC à 1500€ (qui y sera quoiqu'il arrive avec l'inflation en 2007, mais c'est juste histoire d'avoir 3 ans d'avance et de tasser l'échelle des salaires) sont NULLISSIMES. Parce que dire que le chef de l'Etat doit demander aux citoyens ce qu'ils veulent pour leur pays sous une voie de démocratie participative, c'est avouer que non seulement le chef de l'Etat n'a pas de vue d'ensemble, mais que même pour la gestion de affaires courantes il ou elle est incapable de faire la bonne différence; C'est un peu comme aller voir son banquier pour établir sa liste de course au supermarché et savoir ce qu'il vous faut pour faire la cuisine durant une semaine. Pour un appartement, une voiture ou des voyages oui, sinon ça ne SERT A RIEN.

Et puis vient la charge de cavalerie. Il n'y a pas que deux alternatives en France, et ce n'est pas une banane socialiste comme Ségolène qui base tout sur les sondages, l'image et la parole du peuple qui déniera le mouvement qui porte Bayrou plus haut que jamais. l'UDF est une force, l'UDF est un parti de la France toute entière, de toutes les régions et pas seulement du Poitou Charente, de Paris et du Nord Pas de Calais, un parti de toutes les idées et de toutes les forces, la démonstration que l'on peut être pragmatique contre les idéologues, inventif contre les vieux refrains des deux camps, avancer, construire, produire. Le projet socialiste n'est pas crédible, n'est pas cohérent, n'est même pas politiquement responsable. Je ne dis pas que la France qui se lève tôt vaut mieux que le projet socialiste, un peu quand même je dois l'avouer, mais entre rien et pas grand chose, disons que je choisis toujours la troisième voie... Sarkozy inféodé à Bush sans doute, Royal en opposition constante à l'Amérique j'en suis persuadé, par parce qu'elle ne pense, mais parce qu'elle pense que ça fait vendre, parce qu'elle titille la fibre anti-américaine en chaque Français comme Le Pen agite le souverainisme. C'est la volonté de gouverner, la volonté de pouvoir, tout en elle sent l'opportunisme comme en Sarkozy, tout flaire l'impréparation, l'incapacité à penser, le rêve des salons dorés, la revanche sur sa famille, sur les éléphants du PS, sur ceux qui lui ont barré la route, autant que Sarkozy et autant que Chirac en son temps.

SEGOLENE ROYAL EST DANGEREUSE POUR LA FRANCE, POUR SES ATOUTS ET POUR SON AVENIR.

Bayrou les battra, nous les battrons tous ensemble. Alors oui le travail de Florentin est un travail digne d'intérêt, il s'engage, il parachève sa présence politique au sein du MPS par ce blog qui à toutes les qualités, jusqu'à son hébergeur Hautetfort, pour devenir une plateforme représentative et écoutée. Mais mon choix à moi, cela reste sans elle.

12:00 Publié dans Le Moi, le Soi et le Surmoi, PS, la Rose et le Glaive | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog, politique, PS, UMP, UDF, Sarkozy, Royal

27.01.2007

Ségolène et la Croissance magique

Encore une note qui trainait dans les cartons, attendant impatiemment que la 200ème ne soit prête... Ségolène Royal a fait, en direct à la Télévision Française, dans une émission tout à fait sérieuse, la PIRE bourde au Monde. Un mélange de Vierge Marie réincarnée, de "ralliez vous à mon panache blanc" mitonné à la façon Louis-le-Grand, d'assurance tous risques made in ENA et je-me-la-pète-de-toute-façon-ct-moi-que-Tonton-préférait. Ségolène a dit, textuellement, en argumentant et en le défendant, que LA CROISSANCE EN FRANCE ALLAIT REDEMARRER APRES LE 16 MAI 2007 DE PAR SA SIMPLE PRESENCE. Je crois que là, on a atteint des sommets. De connerie, ou alors de gaffitude absolue.

Qui sait...

 L'extrait de l'intervention de Ségolène Royal, non tronqué, est disponible ->ici<-. Merci à Marc H de me l'avoir soumis !

18:20 Publié dans PS, la Rose et le Glaive | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, Ségolène Royal, croissance, Présidentielles 2007

06.01.2007

Ségo, c'est fort en démago

Ségolène Royal n'en finit plus de nous surprendre. Après avoir annoncé qu'elle mettrait les jeunes en difficulté en redressement au sein de l'Armée, comme si celle-ci n'avait que cela à faire, avoir critiqué les 35h puis glorifié leur impact sur la société, voici maintenant la réquisition de logements privés au sein d'une importante polémique. Il s'agit en effet de "mettre en location les "nombreux logements spéculatifs". Pour cela, les logements inoccupés depuis plus de deux ans seront surtaxés et les communes pourront procéder à des "acquisitions-réquisitions"." Tout logement n'ayant pas fait l'objet d'une résidence temporaire pendant plus de deux ans seront donc taxés... Retour à l'âge où la propriété privée n'était qu'un vain mot...

Imaginons un petit scénario : un commerçant d'une grande ville de France, prenons Tours par exemple, trime toute sa vie pour réaliser son rêve, devenir propriétaire d'une maison de vacances sur la côte, disons dans le Sud-Ouest. L'âge avançant, il a de plus en plus de mal à se déplacer et, deux étés de suite, il ne peut pas rendre visite à son rêve côtier. Techniquement sa maison, non occupée depuis plus de deux ans, sera donc sous le coup d'une réquisition par les services de la Mairie, histoire de loger des sans-papiers débarqués dans la commune durant l'été pour prendre eux aussi un bain de soleil. D'accord le scénario est vraiment tiré par les cheveux, mais quand on y pense, ça fait peur.

Outre le retard à l'allumage d'un parti qui ne veut pas se faire avoir pas le coup du "logement opposable" porté par le gouvernement en place, on se demande bien comment la candidate socialiste s'y prendra pour faire face aux multiples obstacles qui jalonne le parcours d'une telle loi. En effet, Ségolène Royal en promettant de rendre possible la réquisition des logements devra de toute façon faire des concessions : l'Etat devra forcément s'engager à remettre en état les logements occupés, ce qui risque dans certains cas et devant les dégradations occasionnées de coûter une somme monstrueuse à l'Etat. D'aute part, la propriété privée étant simple inscrite dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et la Délcaration Universelle des Droits de l'Homme (Article 17 : Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété, le tout est de savoir si l'article entend par cela tout ou partie des droits associés à la propriété). Des défauts dont se passent volontiers le projet de "logement opposable", vu par le PS comme "bien mais peut mieux faire", ou plutôt "on aurait voulu dégaîner les premiers, mais connement on s'est fait griller"...

Bref, comme 95% des idées de Ségolène Royal, qui n'ont de projet que le nom qu'on a bien voulu leur donner, sans vue d'ensemble et sans apport constructif, l'idée de réquisition sent le soufre et l'opportunisme... Pas de quoi pavaner...

11:30 Publié dans PS, la Rose et le Glaive | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Ségolène Royal, logement

20.06.2006

Riante Plaisanterie

Les socialistes peuvent avoir de bonnes idées parfois. Mon ton n’est ni moqueur, ni assassin, ni agressif. Un, ou une, socialiste peut être réaliste et proposer des solutions valables. Et ne pas les faire connaître de la grande partie de ses sympathisants. Derrière le SMIC à 1500€, grande bannière démagogique et marquétique se cache en effet une idée que l’on a peu entendue jusque là. La réforme de la CSG. Tous les socialistes n’y sont pas favorables, loin de là. Dominique Strauss Kahn par exemple traite cette idée de « usine à gaz ». La Contribution Sociale Généralisée, environ 7,5% du salaire brut, serait fondue avec l’impôt sur le revenu, et prélevée ainsi que le précédent à la source. A titre personnel, cette idée ne me parait pas formidable, elle pose des questions de formalités impressionnantes, retenir un impôt calculé au sein d’un couple sur des salaires individuels, avec le décompte des parts correspondant aux enfants. Pourtant, cette machine infernale cache une autre idée, bien plus intéressante, et surtout bien peu adaptée aux valeurs du socialisme. La CSG et l’impôt sur le revenu ne sont pas perçus auprès des mêmes populations. Si la CSG est dite « généralisée », c’est que l’ensemble des actifs y est soumis, sans limite de revenus, basse ou haute. Au contraire, l’impôt sur le revenu n’est acquitté que par la moitié des foyers français, grâce aux nombreux planchers et dérogations. Je craignais que la mesure électoraliste de fusionner les deux impôts ne conduise à réduire le nombre de personnes payant la CSG, de répercuter la différence sur les classes moyennes et de contribuer encore à resserrer la dispersion des niveaux de revenus.

Je me suis trompé. Pire que cela, les socialistes tentent par cette mesure de réaliser ce qu’aucun gouvernement RPR ou UMP n’a osé proposer depuis vingt ans : l’élargissement de l’assiette de l’impôt. La CSG devient certes proportionnelle, mais jumelée à l’impôt sur le revenu, elle sera payée par un nombre bien plus important de ménages. C’est revenir sur les acquis sociaux ardemment protégés. Autant le dire, cette mesure est extraordinaire. D’abord parce que l’élargissement de l’assiette de l’impôt est une mesure intéressante dans le domaine économique. Ensuite parce qu’elle est loin de faire l’unanimité parmi les électeurs potentiels du PS. Elle pourrait sauver la France, et les socialistes sont les avant derniers, après l’extrême gauche, que l’on aurait pu suspecter en 2007 de promouvoir une telle idée. Elle est mère d’égalité, mais aussi de hausse des recettes, sans que la pression fiscale n’augmente sensiblement. Bien sûr les plus bas revenus seront particulièrement touchés, mais cette contribution est avant tout symbolique, et ne pèsera pas outre mesure sur des foyers limités. C’est une solution efficace, juste, mais absolument ni électoraliste, ni social. Comme quoi on trouve de tout dans ce monde, même des socialistes lucides.

22:30 Publié dans PS, la Rose et le Glaive | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : assiette de l'impôt, CSG