28.09.2007
The way we cry
Autant attaquer franchement, cet article n'aurait jamais dû s'appeler ainsi. J'avais pensé à "l'Amérique m'a tueR", tellement commun, et puis mon esprit a suivi son chemin et je me suis retrouvé là, entouré des ombres de mon passé, à regarder les images d'un autre monde, d'une autre époque, plus glorieuse, plus heureuse. J'ai trépassé par l'Amérique toute entière, par ses habitants et ses paysages, mes amis et mes folies, Washington et Los Angeles, Boston et San Diego, Tijuana et Irvine, comme autant de souvenirs qui se heurtent en moi et m'empêchent de trouver le repos.
Parce qu'aujourd'hui il fait mauvais avoir vécu l'inoubliable de l'autre coté de l'Atlantique : Sarkozy y va en touriste, DSK en conquérant, je reçoistous les jours des photos de ces époquesbénies sans pouvoir ne pas les contempler sans fin. Hier il s'agissait des photos des monuments de Wahington, aujourd'hui la page de présentation du programme de UCLA à Washington DC, avec les photos de tous ces gens que l'on a connu, que l'on apprécié, qui nous ont fait vivre au delà de ce que l'on croyait possible, comme sentir le vrai sens de la vie.
My heart is burning, to the ground...
Alors pourquoi la France me déprime-t-elle ? Parce qu'elle est petite, étroite d'esprit, compliquée, recroquevillée sur elle-même, en un sens rabougrie de ses rêves de grandeur et de sa petitesse présente. Comment expliquer que la France n'est rien quand on a touché à la grandeur, comment dire que les pompeux rêves de supériorité intellectuels de tous ces étudiants français ne sont rien à coté du sentiment invincible d'assurance qui occupe la société américaine ? Une société de la débauche, me direz vous. Une société basée sur les sensations, vous répondrai-je. Une société inégalitaire, argumenterez-vous, un monde où avoir de l'argent ne veut pas dire escroquer, un monde où vivre est permis, non pas comme la France où le riche se cache et rejette la tentation du progrès. Vivre quelques mois aux Etats-Unis, dans ces centres de la vie américaine que sont Los Angeles et Irvine, n'est pas un simple voyage, c'est une réinvention.
Courir sur une plage mexicaine un 11 novembre, aller à la plage de Newport Beach dix jours avant Noël, courir les rues du Little Italy de Boston avec le soleil couchant pour seule lumière, voir le soleil qui se lève sur le Jefferson Memorial et Lincoln irradier de blancheur à la nuit tombée, sentir le parfum ds fleurs dans Rock Creek Park, diner à des heures indues, juste vivre : est-ce seulement possible en France ? Mon extase tient à peu, sans doute. Ai-je l'espoir de revivre ce peu un simple jour ? Peut être dans un autre monde, à une autre époque...
Ô Pierre, Audrey, Igor, John, Carlos, Elizabeth, Collin, Larry, Claudia, Federico, Ashley, Stephanie, Sarah, Kim, Phong, Ryan, Heather, Andrea et tant d'autres dont le nom d'échappe déjà, que ne sommes nous restés plus longtemps dans la Capitale ! Que n'avons nous vécu plus fort encore, plus intensément ces moments extraordinaires, ces rencontres avec les sénateurs, les gouverneurs, ces cours sans fin, ces balades interminables, ces diners mémorables... Juste vivre, comme si désormais plus rien n'avait d'importance que de conserver intacts ces moments de joie à jamais passé. Avec l'espérance d'un jour reconcrétiser l'espoir.
Overall, his quarter in Washington was an unforgettable time. Let's try to remember it as a wonderful moment, just because we loved our time there...
20:45 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyages, Etats-Unis, Washington, Los Angeles, Irvine, blog, carnet
04.06.2007
Le point sur RCTV
Tout occupé à regarder la crise de RCTV se propager, grandir et infiltrer les débats de l'Organisation des Etats Américains, je ne me suis même pas rendu compte que cette histoire commençait à apparaitre dans la presse internationale. Le déclic a eu lieu lorsque CNN en a parlé ce matin : il était vraiment temps que je fasse une note sur ce sujet.
RCTV est la première caine privée du Venezuela, et compte pas loin de 50% des taux d'audience cumulés au niveau national. Equivalent local de TF1, elle a fait le choix de ne pas suivre le gouvernement d'Hugo Chavez, et a soutenu les putchistes en 2002, alors que Chavez se voyait menacé. Depuis ce jour, le leader bolivarien avait juré sa perte à sa nouvelle ennemie, et a usé de tous les moyens possibles pour l'anéantir.
La question du renouvellement est arrivé au bon moment pour le régime : depuis des mois il était clair que Chavez allait refuser de laisser la chaine privée poursuivre ses activités. Malgré des avertissements, des appels à la raison, des déclarations officielles émanant des grandes puissances, rien n'y a fait. Aujourd'hui, la jeunesse et le peuple s'en mêlent, et le régime se destabilise.
Alors que 80% des Vénézuéliens condamnent la fin de la programmation de RCTV, et pire, la saisie du matériel de la chaine en question au profit de sa remplaçante publique, Teves, Hugo Chavez se trouve désormais dans une mauvaise passe. et ce ne sont pas les affaires liées à l'ONG Sumate, interdite de citer à l'Assemblée Générale de l'OEA pour soutien aux putchistes ou les histoires éternelles de bras de fer avec les Etats Unis qui amélioreront la situation.
15:55 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, Venezuela, Hugo Chavez, RCTV
30.05.2007
La France à Boston
Se promenant dans Boston, voici qu'une vieille stelle attira mon regard. Je ne sais absolument pas pourquoi, sans doute une question de vieille pierre, mais j'ai voulu savoir ce qu'elle racontait. Paumée dans un recoin du Cimetière de King's Church, un monument de Pierre se tient au bord d'une des artères principales de la ville. Personne ne la regarde, personne ne la lit : cela lui a sans doute sauvé la vie. On peut en effet lire sur l'une de ses faces le texte suivant.
In Memory of the CHEVALIER DE SAINT-SAUVEUR, first chamberlain of his Royal Highness the Count d'Artois, brother of his Majesty the King of France
Cet Officier aide major de l'escadre l'escadre française et lieutenant de vaisseau [sur le Tonnant], après avoir eu le bonheur de risquer sa vie pour le service des Etats-Unis, remplissait son devoir lorsqu'il a été la victime d'un tumulte causé par des gens malintentionnés; mort [le 15 Septembre 1778] avec le même attachement pour l'Amérique, les liens du devoir et de l'inclination qui attachent ses compatriotes à la Ville de Boston en ont été plus resserrés. Puissent être ainsi infructueux à jamais tous les efforts qu'on oserait tenter pour séparer la France de l'Amérique. Telle est la prière que feront dans les siècles à venir au Dieu tout puissant, tout Français et tout Américain qui jetteront les yeux sur le mausolée d'un jeune homme enlevé à des amis qui ne peuvent se consoler de l'avoir perdu, qu'en voyant de pareilles fleurs funéraires répandues sur sont tombeau.
Cette inscription a été préparée par le COMTE D'ESTAING, Amiral commandant de la première escadre française envoyée par le Roi de France aux Etats-Unis d'Amérique.
1778-1916
Même si certains trouvent cela curieux, ce texte m'a fortement ému : comme si l'Amiral d'Estaing avait senti au fond de lui que la France et les Etats Unis viendraient à se chamailler un jour, mais toujours en bonne camaraderie. Une dernière chose : son prénom était Matthieu...
12:00 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Etats-Unis, Boston, France, Estaing, Saint-Sauveur, Guerre d'Indépendance américaine
29.05.2007
En parlant d'Antéchrist
Revenant de Boston, après moults aventures et rencontres extraordinaires, il me fallait parler d'un homme de la classe moyenne américaine, un homme qui sort de l'ordinaire et qui soudain peut y retomber brutalement. Je parle ici du chauffeur de la navette qui nous à conduit de Tewksbury à l'aéroport de Boston Logan : un homme charmant, cultivé au premier abord, mais relativement limité au second.
Plantons le décor : Pierre et moi parton à 6h45 de l'hotel qui nous a hébergé pendant trois nuits. Le van nous attend à la porte. Nous montons, et très rapidement, avant même d'avoir rejoint l'autoroute distante de quelques centaines de mètres, voilà que notre chauffeur tente d'entamer la conversation. Bien à moi, j'essaye de lui rendre la pareille. Grossière erreur : la discussion dura plus d'une heure.
Il s'est agit au début d'un simple échange informel sur les immigrants aux Etats Unis. Après quelques minutes, il nous est facile d'apprendre que le chauffeur en question est un immigré vietnamien, fils d'une vietnamienne et d'un Américain, vraisemblablement né sur une base américaine au sud de Saigon. Il dispose d'un visa, mais comprend l'horreur que la situation d'immigrant illégal peut représenter, et à quel point ces gens ont besoin d'aide.
Nous bifurquons alors sur le racisme ambiant aux Etats Unis : les Républicains sont sans doute racistes, puisqu'un certain nombre imaginent la "race blanche" supérieure à la race "amérindienne" et à la race "asiatique". Il juge cela mauvais : pour notre chauffeur, c'est la hierarchie des races qui a conduit à la Seconde Guerre Mondiale, notamment par l'extermination des Juifs et la constitution d'une race pure aryenne. Ensuit une biographie sommaire d'Hitler, le fils d'une Juive (sic) et d'un Autrichien, lui même petit, brun et physiquement complexé, décidé à se venger de sa famille. Cela expliquerait pourquoi Hitler a particulièrement cherché à effacer tout souvenir de deux peuples, les Autrichiens et les Juifs. Même si cette version est un peu contestable, disons que pour un chaffeur de taxi du centre du Massachusetts, c'est plutot impressionnant. Je me rappelle avoir pensé à ce moment que sans doute lisait-il en attendant ses clients, entre deux paquets de chips bon marché.
Pourtant le pire était à venir. Hitler, en fait de fou, n'était que l'"Antéchrist", tout autant que Napoléon, son grand modèle, envoyé par Satan pour détruire l'Europe. Mouais, mais bon : les tenants des grandes religions ainsi que pour les critiques de Napoléon me supporteront en ceci, la notion d'Antéchrist en Histoire est nulle et non à venue, complètement grotesque dans les contextes historiques propres de ces deux époques. Heureusement pour nous, l'aéroport arrivait; Cela n'a pourtant pas poussé le chauffeur à ralentir le débit. Comme nous étions Français, augurait-il, nous devions forcément savoir que le principal objectif de Napoléon n'était pas seulement l'Europe, mais aussi le Moyen-Orient : Napoléon était allé en Egypte. Allez savoir ce que cela vient faire là. Sans doute une réminiscence de FoxNews marié à History Channel avec une pointe de sermon à l'Eglise, en tous cas rien de bien sérieux.
Là, le bouquet final. Napoléon, en allant au Moyen Orient, et comme preuve de sa décadence d'Antéchrist, avait capté un certain nombre de moeurs de la région. Notamment, malgré le fait qu'il soit marié religieusement, il aurait entretenu un harem d'eunuques pour son plaisir personnel, et par sadisme privé. Heureusement, alors qu'il avançait cette théorie, nous avions déjà débarqué sur le trottoir, juste le temps de lui lancer un dernier "Alors là, je crois que vous vous trompez", avant de dire au revoir et merci, claquer la porte et partir au pas de charge.
Nous étions sorti de l'enfer américain.
Morale de l'histoire : les Etats-Unis d'Amérique sont un grand peuple, sans doute pour une question de nombre. en ce qui concerne les idées, je constate avec effroi qu'il y a comme une "distorsion" entre les élites et la base qui veut se cultiver, quand elle en a seulement l'envie. Au final, comment critiquer le soutien américain à la guerre en Iraq, quand on vous sort texto qu'Hitler a manipulé l'Allemagne pour sa vengeance personnelle uniquement, que Napoléon l'Antéchrist voulait conquérir l'Europe pour atteindre le Moyen-Orient et se constituer un XV de France des Eunuques, et que l'Amérique a bien raison de s'être tenue à l'écart de tous ces problèmes ?
Est-ce un cas isolé ? Plus de 30% des Américains croient encore que Saddam Hussein a fait partie du complot du 11 Septembre. FoxNews débite à longueur de temps que les idées de Al Gore sur le réchauffement climatique sont fausses et que les démocrates sont monstrueux dans leur volonté de sortir les troupes d'Iraq. L'Amérique s'apprête à célébrer demain Memorial Day, ses victimes et ses vétérans, et n'est même pas capable de s'assurer que ses soldats ne finissent pas à la rue après la démobilisation et les blessures. Pendant ce temps, John et Jane Doe sont dans leur piscine de Berverly Hills en train de siroter leurs cocktails, et l'Hémisphère continue de tourner.
Après ça, je ne m'étonne plus de rien.
10:50 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Antéchrist, George W. Bush, Etats-Unis, Boston, Napoléon, Hitler, Saddam Hussein
26.05.2007
La Colombie, la France et les rebelles
Le chef de la guérilla FARC en appelle à Nicolas Sarkozy pour sauver la situation meurtrière l'opposant au gouvernement légitime de Colombie, notamment dans le cadre des opérations de sauvetage d'Ingrid Bétancourt. Certains appellent à l'action, alors même que la Colombie a demandé au gouvernement français de ne pas se mêler directement de ces opérations. Juste une question de politique fiction : imaginons que le FLNC prenne des otages en Corse, et parmi eux un français d'origine japonais, candidat à la municipalité d'Ajaccio. Voilà que le Japon décide d'ordonner à la France d'accepter la sécession la Corse, et manifeste bruyamment son opposition à la gestion du problème. Bien sûr, les situations française et colombienne sont totalement différentes, mais comment agir contre un pays souverain, alors même que nos intérêts stratégiques ne sont pas en cause directement ?
Bref, l'intervention des enfants Bétancourt au près de Nicolas Sarkozy n'est pas une situation saine : autant parler, discuter, avancer pas à pas, mais surtout ne pas taper du poing. Et avec Sarko et Kouchner, nous sommes mal partis...
12:00 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, Colombie, Sarkozy, Kouchner, otage
30.04.2007
Bizarreries Télévisuelles
Lundi matin, petit déjeunant devant la télé d'un air plus comateux que d'habitude, j'ai eu le choc de ma vie ! En plein milieu des publicités, voilà que la fameuse publicité pour notre fleuron national Areva s'annonce. Toujours la petite musique, les petits camions les petites centrales et les petits personnages qui dansent. Cependant, au lieu de voir, si je me rappelle bien, le Japon s'incruster dans une terre qui en tournant devient le logo Areva, les Etats-Unis sont apparus ! Encore pire, le sloga d'Areva aux Etats-Unis, "America's Energy Experts", est vraiment très... curieux. Je savais par avance que Michelin se faisait passer pour une compagnie américaine pour mieux vendre ses pneus de Ford Explorer, mais là, Areva, c'est terrible ! Même si le nom, contrairement à l'ancienne CoGeMa est potentiellement plus "Américain", à l'image de "Vivendi-Universal", il faudrait voir à ne pas pousser tout de même...
14:55 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : publicité, blog, Areva
13.04.2007
Ah, George...
Les Américains ont une façon très personnelle d'entretenir les critiques que porte le Monde civilisé sur la Plus Grande Démocratie Au Monde, ce qu'elle n'est d'ailleurs ni par la taille, c'est l'Inde, ni par la morale, elle est bien loin du top, ni par le niveau social, là on touche le fond. Voici leur histoire, dixit Law & Order :
Alors que je rentrais de l'Organisation des Etats Américains, la fortuitement nommée OAS en anglais, je me suis retrouvé bloqué à hauteur du Eisenhower Office Building, une soi disante reproduction du Louvre qui entre parenthèses n'a rien a envier au National Building Museum, copie extralarge du Palais Farnèse en briques rouges. Deux policiers barraient le trottoir, trois voitures de police en travers de la route, et une foule de piétons qui attend pour pouvoir passer. Il est nécessaire de préciser qu'à cet endroit précis débouche la rue, fermée au public, qui donne accès à la Maison Blanche sur son flanc ouest. Tout le monde attendait donc, lorsque soudain six motos de la police sont sorties, suivies de trois voitures de la police du District, puis deux limousines blindées aux vitres fumées, suivies par deux Chrysler Voyager eux aussi aux vitres fumées, et enfin un tout-terrain GMC, la vitre du hayon ouverte, avec des soldats armés de fusils à bord. Tout cela bien sur agrémenté de gyrophares, de sirènes hurlantes, etc.
La rue fut rapidement libérée, mais cela m'a laissé comme un goût de dictature bananière, une impression légère de pays en état de siège, pire que ce que l'on pouvait voir à l'époque bénie de Daniel Vaillant, le pire ministre de l'Intérieur du point de la conduite dans les lieux publics. Comme si des traitres habitaient à tous les coins de rue, d'autant plus qu'il ne s'agissait là que de protéger au mieux Condi Rice, les véhicules fonçaient en direction du Département d'Etat, au pire un sous-secrétaire d'Etat. Il est bien entendu, évidemment, que George prend toujours l'hélicopter pour sortir. J'ai d'ailleurs vu récemment Marine One faire des ronds autour du Tidal basin, au moment des Cherry Blossom. Peut être que le cher ange était à bord, faisant les honneurs de sa capitale à quelque prince saoudien et à un best of de son harem. Qui sait...
12:35 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Washington DC, George W. Bush, Etats-Unis, politique
25.03.2007
Goodbye America... America here I come !
Ce message aurait pu s'appeler les Derniers Jours d'Orange County, mais par respect pour Edward Bulwer-Lytton, je resterai dans le sobre et l'anglicisme. Me voilà sur le départ de Californie, après un peu plus de 6 mois passés ici entre palmiers, mer et soleil éternel... Je pars pour la Cote Est, gagner Washington DC, mon stage à l'Ambassade de France près l'Organisation des Etats Américains, pour un peu moins de 3 mois. Tout compte fait, dans le 9 Juin, jour de mon départ, j'aurai passé 9 mois moins un jour sur le sol des Etats Unis d'Amérique. Le temps d'une grossesse. Peut être la mienne, passer du statut d'ado idiot à celui d'adulte pleine valeur, sur la route de la compréhension des hommes et des cultures. Après avoir mis Naomi, Sylvie, Zuh, Kasuki, Anup et Yoko à l'avion direction Cancun avant-hier après midi, puis, avec Ki et Yeji, avoir emmené Rachel, Armando, Hannah, Miki, Michelle et Candice au départ pour la Nouvelle Orléans samedi, il ne me reste plus qu'à prendre mon avion demain, avec Yeji et Carla...
Laisser tant d'amis derrière soi alors qu'eux mêmes reviennent ici l'année prochaine est affreux, mais il faut s'y faire, faire contre mauvaise fortune bon coeur, et rêver à ces moments passés... J'ai trouvé en Californie plus que des amis, peut être des frères et soeurs, une nouvelle famille, où Candice assurément joue le rôle de Super Maman ! Les photos de ces mois sont déjà sur Facebook, je vais essayer de mettre les photos sur Commateo, histoire de les faire partager au plus grand nombre, promis...
Je suis maintenant (presque) tout seul dans cette immense maison, mon coloc a disparu, peut être avalé par les profondeurs de l'enfer, Viran quitte la maison Lundi à 4h du matin, Charlie, les Andrews, Jo, John, Kundai et toutes les filles sont parties. Ne restent que les reliquats de ces temps mythiques, qui le hanteront pour longtemps...
Une seule chose à dire : Orange County Power !!
12:20 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blog, voyage, Etats-Unis, Orange County, UCI, Washington DC
21.03.2007
Fin de partie
Sortie de cours, épuisé après quatre d'heures d'exams pratiquement continues. La nuit noire qui environne Rowland Hall, les Brumes qui habillent la Tour de Sciences Sociales, la lumière orangée qui recouvre UCI par cette nuit froide et bruineuse. Hate Me, Hate Me hurle Blue October dans mes oreilles, comme insensible au calme mortifiant du lieu qui se déroule autour de moi. Au loin le jardin japonais où les adepts de Lao Ki on délaissés les bancs de bois, puis la Ring Road où quelques piétons en shorts se pressent dans cette humidité vivifiante. Traverser Science Ecology 1 et 2, entrer dans Extension, descendre le grand escalier, puis marcher dans la rue sombre, tout seul, seulement suivi de Rouge. Pas un bruit, seules les voitures toujours présentes qui roulent dans les petites flaques qui commencent à s'accumuler sur la chaussée. I never wanna say goodbye pleure Hinder au creux de mon âme, but girl you make it so hard, with the lips of an angel. Le feu qui passe au vert avec la certitude que c'est la dernière fois que cette lumière se détachera sur le fond de nuit couverte. L'explosion finale de la chanson, les pleurs d'un homme si vaillant et l'envie de courir, de partir me cacher parmi ces arbres qui bordent la route...
Et puis la tristesse de ce "O Isis, O Osiris" qui m'emporte à des milliers de kilomètres, l'envie de pleurer, pleurer, pleurer, comme un tout petit enfant que l'on est et que l'on reste toute sa vie. La Mélancolie de Maria (West Side Story) à l'abord de la seconde partie de Verano Place, alors que les lapins me filent entre les jambes, et regagnent leurs paisibles pelouses. Pourquoi ça ne vient pas ? Bonne question, une question de climat peut être, une histoire d'âge aussi, un problème de concentration à tous les coups. Les petites lampes qui clignotent sur la chaussée devant Arroyo Vista Recreation Room, les fenêtres de l'Anteater Recreational Center qui flamboyent dans le lointain, la certitude d'approcher de la maison. Les derniers instants de la dernière nuit du dernier jour : 23h59, 59 secondes 999 millièmes dans l'histoire de l'humanité. La file de voitures à remonter avant le carrefour, puis le parking. Something is scratching it's way out, Something you want to forget about ressasse The Fray, inlassablement. Et puis la maison, le roomate n'est pas là, les fenêtres sont noires, un coup d'oeil par la fenêtre personne dans le salon, grimper l'escalier jusqu'à la chambre. S'asseoir, dans cette pièce à moitié vide et remplie de valises...
Aujourd'hui était mon dernier cours en Californie. L'heure de pleurer. J'attend toujours...
13:30 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, journal intime
20.01.2007
La paix en Israel ?
ou pourquoi Israel est désormais obligé de trouver une issue rapide au conflit israélo-palestinien
Depuis 1948, et même bien avant s'il on considère les mouvement indépendantistes juifs comme Irgoun, qui ont commencé plusieurs années auparavant à harceler l'occupant britannique, l'Etat d'Israel a toujours maintenue une paix armée avec ses voisins. Celle-ci, ponctuée par plusieurs conflits majeurs, en 1956, en 1967, en 1973, en 1982, soit environ une fois par décennie, a été accompagnée, depuis la déclaration de la Première Intifada en 1987, d'un climat de tension difficile à supporter pour la population des deux pays, Israel et Palestine. Ceci n'a pourtant pas empêché les Alyas de se multiplier, et Israel de voir sa population lentement grossir. Aujourd'hui, Israel est solidement implantée au Proche Orient ; pourtant, de nouvelles menaces pèsent sur l'existence de l'Etat.
Et je ne parle pas seulement de la crise avec l'Iran. Plutôt d'un problème qui m'a été révélé par un document joint à mon livre de cours sur le Moyen Orient : l'équilibre de population entre Juifs et Arabes sur le territoire de l'ancienne Cisjordanie tourne bien plus largement que je ne le pensais au détriment de l'Etat d'Israel. Bien sur j'avais entendu ici ou là qu'Israel avait fini sa transition démographique, ce qui est normal puisque la majeure partie des Juifs d'Israel sont originaires de pays anciens, Europe et Etats-Unis principalement, tandis que la population arabe de Palestine est encore en pleine transition et, sous l'effet conjugué de la pauvreté et du nationalisme exacerbé, explose littéralement.
Les statistiques sont donc les suivantes : alors qu'en 1982, il y avait 3 millions de Juifs et 2 millions d'Arabes face à face, la balance est passée à 5 millions de chaque coté en 2005, et les projections donnent en 2015 un chiffre total de 7,5 millions d'Arabes contre 6 millions de Juifs. Cette importante différence, associée à une diaspora en pleine recomposition donne, selon Dan Smith dans son "State of the Middle East", devrait modifier en profondeur les rapports d'Israel avec ses voisins. Ceci est d'autant plus vrai que la plupart des Etats de la Région connaissent eux aussi une évolution de leur démographie et ont connu un boom ces dernières années. Cette pression assortie aux problèmes de l'eau, de la nourriture et des intérêts occidentaux dans la région, notamment pétroliers, ne peut que pousser la situation à son paroxysme et à la guerre. Pour éviter cela, et c'est peut être sur ce plan qu'Ariel Sharon avait commencé à faire des concessions aux Palestiniens avant de sombrer dans le coma, Israel devrait, pour sa propre sécurité, tenter au maximum d'offrir un traité de paix raisonnable à ses voisins. La situation devient urgente.
D'autant plus que les nouveaux colons ne suffiront pas...
12:15 Publié dans USA on the ground | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : politique, Israel, juif, arabe, paix






